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20 Apr

Lorient : le syndrome Arsenal

Publié par El Maestro  - Catégories :  #France

L'ombre de Gourcuff plane sur le moustoir
L'ombre de Gourcuff plane sur le moustoir

Jordan Ayew : "on fait des erreurs de gamins."

Samedi contre Toulouse, pour la 33 ème journée de Ligue 1 dans ce qui s'avérait être un tournant pour la survie de ces deux équipes, Lorient a encore prouvé que techniquement l'équipe était très forte. Elle a dominé son adversaire dans le jeu, comme souvent à base de jeu rapide, de passes courtes et d'exploits individuels. Lorient a de bons manieurs de ballons. Non, je rectifie : Lorient a de très bons manieurs de ballons. C'est un fait. Barthelmé, Mesloub, Jouffre, Philippoteaux, Jeannot : des joueurs qui respirent le foot. Mais force est de constater que ça ne suffit pas, puisque aujourd'hui Lorient est relégable après sa défaite contre Toulouse. C'est un fait aussi. Les propos de Jordan Ayew au micro de Bein Sport, lors de la 30 ème journée au sortir de la défaite face au PSG {3-1}, étaient prémonitoire. Lorient n'était pas encore relégable, mais Ayew prévenait déjà : "On leur a fait des cadeaux, on fait des erreurs de gamins. Tu le payes cash face à des équipes comme ça. C'est toujours pareil depuis le début de la saison. On est 15e et on va jouer le maintien jusqu'au bout. On montre un beau visage mais on prend zéro point, on fait comment ?"

Sylvain Ripoll : "On a pris une belle rouste."

Jordan Ayew a bien résumé la situation, Lorient montre un beau visage mais ne gagne pas. Un peu à l'image d'Arsenal. Toute proportion gardée. Arsenal ne gagne pas de titre, Lorient ne gagne pas de match. Enfin pas assez. Dès lors d'ou vient le problème ? Si produire du beau jeu ne suffit pas. Que faut il donc ? La réponse c'est Alexis Sanchez qui en apporte une partie lors de son arrivée à Arsenal à l'été 2014 : «Mesut Özil est un joueur de classe mondiale, que ce soit en club ou en sélection. Avec Özil dans l’équipe, Arsenal était proche de gagner le titre. J’espère apporter ma contribution pour que nous puissions gagner autant de titre que possible.» En effet, ce qui manque ce sont, bien plus que des joueurs de talents, des joueurs d'expérience. Bref, des cadres. Pour Arsenal, des joueurs qui ont l'habitude de gagner des titres et pour Lorient des joueurs habitués aux joutes de la Ligue 1. Sylvain Ripoll le confirme de manière à peine voilé, lors de la défaite face à Lyon {4-0} en début de saison. Dans une interview donné au site Foot365, il résume la défaite : "On a l’impression que l’on récite sans aucune intensité. On est inexistant dans les deux zones de vérité donc difficile d’être performant. On a pris une belle rouste." Ripoll sent bien que son équipe est appliquée, mais elle ne fait que "réciter" ce qu'ils ont travaillé la semaine à l'entrainement sans "aucune intensité", sans vie, sans âme et surtout sans patron pour dicter la feuille de route. Remobiliser quand ça ne va pas, temporiser ou au contraire accélérer quand il le faut. Bref, pour donner le tempo. S'il suffisait de bien s'entrainer pour gagner ça se saurait.

Gourcuff : “et bien moi je ne vous remercie pas”.

Dire que le départ de Christian Gourcuff de Lorient la saison dernière s'est passé de manière tendue est un doux euphémisme. Lors de sa dernière à domicile, Loic Ferry le président des merlus, le remerciera une dernière fois. Ce à quoi Gourcuff lui répondra : “et bien moi je ne vous remercie pas”. Après onze ans de bons et loyaux services, le ras le bol est là. Gourcuff reproche à ses dirigeants leur manque d'ambition. « Le club ne peut pas parler d’ambitions alors qu’il vend ses meilleurs joueurs. Ce transfert, c’est juste du business. Je veux que les gens sachent que je ne suis pas complice de cette décision. Je subis. », se plaint il après la vente de Mario Lemina à l'olympique de Marseille. Mais Mario Lemina n'est pas un cadre, juste un espoir en devenir. Il est vrai que Gourcuff, lui aussi, faisait jouer beaucoup de jeunes joueurs et avait peu de cadres. Un peu parce qu'il était un formidable formateur à l'image de son homologue et ami Arsene Wenger, mais aussi beaucoup par manque de moyen. Ainsi, à son époque, il y avait aussi peu d’expérience sur le terrain, mais l'expérience etait ailleurs, elle s'appelait Christian Gourcuff.

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